Les fêtes « Moros y Cristianos », une incursion bigarrée dans la tradition et la modernité

Lorsque je suis venue habiter dans la province d’Alicante, j’ai découvert les innombrables fêtes qui jalonnent le calendrier de la région (mais aussi dans toute l’Espagne, il est vrai…). En parlant de « Los Moros y Cristianos », pour moi qui aime les les costumes et les parades bariolées, je dirai que j’en ai eu plein la vue. J’ai adoré les longs défilés aux sons des fanfares (je félicite d’ailleurs tous ces musiciens qui au pas de charge ne perdent pas les accords) ou des musiques diffusées par haut-parleurs.

Les « filas », défilent en rangs qui en mettent « plein les yeux »… Ici, à Calpe, cette année.

En effet, à chaque « fila » (ou groupe) sa bande sonore !!! On en a pour les yeux et pour les oreilles. Et sans parler des gens du cru ou des visiteurs qui applaudissent sans se retenir. Á noter la bonne ambiance générale et aussi bien la présence d’enfants et que d’adultes. Cette fête est, bien souvent, le point d’orgue des festivités, le jour tant attendu par les locaux qui se donnent tant de mal pour réaliser de magnifiques costumes et des chorégraphies répétées pendant des mois.

Une tradition qui remonte au XII ème siècle

Au XII ème à Lérida (Catalogne), on trouve une trace d’une parade avec la thématique, sans avoir le même format, à l’occasion des fiançailles royales. Je pointerai aussi en 1309, des simulacres de batailles lors de la libération de la ville de Ceuta (en Afrique du Nord). On y trouve déjà les deux types de rangs (Maures ou Chrétiens). Néanmoins, on peut considérer que ce n’est qu’à partir du XIV ème que cette tradition est bien documentée. Bien entendu au fur et à mesure de la libération des territoires occupés depuis le VIII ème siècle les festivités se multipliaient. Quant à la plus ancienne célébration documentée et structurée, comme celles que connaissons aujourd’hui, se tint à Jaén (Andalousie) en 1462. La fête s’achève sur la conversion au christianisme du roi du Maroc…

Chevaux ou dromadaires font aussi partie de la parade (Calpe)

Je citerai celles de Tolède en 1522, Madrid en 1570, Ségovie en 1578, Valence en 1586, Denia en 1599… La plupart du temps ces parades étaient reliées à des visites royales, des fiançailles, des événements religieux.

Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du XIXème siècle qu’est fixé le format actuel et c’est au XXème que tout s’accélère grâce à la ferveur populaire. Surtout dans la communauté valencienne où ont lieu près de 80 % de ces festivités. Non seulement Castilla la Mancha, Aragon, Murcie proposent leur « Moros y Cristiano », mais aussi hors de l’Espagne, notamment au Mexique, au Guatemala et aussi jusqu’aux Philippines (le Moro-Moro).

Mes conseils pratiques…

Vu le succès de ces fêtes, je ne vous conseillerai jamais assez de vous organiser en matière de logistique… Je parle d’expérience. Si vous venez en voiture comptez sur un délai anormal pour trouver parking et veillez à ce qu’il reste accessible suffisamment tard, pour ne pas trouver portes closes… Ce qui est aussi agréable, c’est réserver une table et assister à ce long spectacle (il peut durer des heures…) tout en sirotant ou en dînant sous un ciel très souvent clément…

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